ADIEU, VLADIMIR VOLKOFF

Un grand écrivain et grand homme, Russe et Français, est mort...

Publié le 02 décembre 2005

ADIEU, VLADIMIR VOLKOFF



Le mercredi le 14 septembre, c’est une triste nouvelle qu’annoncèrent les grands journaux, la radio et la télévision . Vladimir Volkoff est mort ;« écrivain français d’origine russe », comme le soulignaient presque toutes les éditions françaises, simplement « écrivain français », comme le mentionnèrent quelques rares sources russes (par exemple, le site Rambler ou le journal « Zavtra », « Demain »).
Pour nous, les Russes de France, qui avons connu, lu et aimé ses livres dès leur apparition, il fut toujours et avant tout un Russe. Certains d’entre nous n’avaient pas les moyens d’acheter tous les livres qu’ils voulaient, mais ceux de Volkoff, eux, étaient achetés ; on les prêtait, on les échangeait. Pour le lire, certes, il fallait connaître le français, et c’est pourquoi les Français le considèrent comme l’un des leurs.

L’œuvre de Volkoff se situe à l’opposé des recettes du succès assuré auprès du grand public. Il écrivait avec intelligence, dans une langue recherchée, complexe, utilisant des mots presque disparus du langage, en même temps que disparaissaient les notions même qu’ils représentaient, tels les mots « devoir », « honneur », « conscience ». On peut dire qu’il fut délibérément et inébranlablement suranné : tempérament de chevalier, monarchiste dans l’âme, défenseur des traditions en péril. Et, cependant le succès auprès du grand public, il l’avait ! Mais il était également l’auteur préféré des initiés, ceux qui savent ouvrir les huîtres, et peuvent faire la différence entre le cognac et ce qui n’en porte que le nom, entre le bien et le mal en général.

Si l’on se borne à lire certains articles à son sujet, sans prendre connaissance de ses livres, on risque de le prendre pour un auteur de romans policiers ; de lui, on dit aussi qu’il « mélangeait la théologie et l’espionnage ». A la vérité, dès ses premiers livres, il se pose lui-même la question : qui et quoi gouvernent ce monde ? Comment cela peut-il de se terminer ? Et dans ses plus récentes, il s’approche de la solution de l’énigme, ayant découvert pratiquement le principe fondamental du monde contemporain. Il s’agit de la « désinformation », dont il fut non pas le « père », mais le pionnier ; de la « désinformation », à l’échelle effrayante qu'elle a prise de nos jours.
Né en 1932 à Paris, dans une famille d’émigrés russes, arrière-petit-neveu de Tchaïkovski, auquel il ressemblait de plus en plus avec l’âge, donc purement Russe d’origine, mais citoyen français de naissance, combien mieux il représentait la Russie en France que ceux qui en font leur profession ! Et, dans tous ses livres, d’une façon ou d’une autre, il fait allusion à la Russie
C’est sur le tard, après la quarantaine, qu’il commença à publier, mais cela ne l’empêcha pas de laisser plusieurs dizaines d’écrits : romans, pièces de théâtre, essais, poèmes, dit-on, et ses dernières années furent les plus productives. Exemple vivant d’une position active de l’écrivain sur le bateau ivre du monde moderne, il se précipitait aux points chauds des grands débats contemporains, et c’est pourquoi sa mort à l’âge de 72 ans, âge encore jeune pour l’Europe occidentale, fut si inattendue.

Selon la coutume des écrivains russe, il vivait à la campagne, et il n’était pas facile de le rencontrer à Paris. Aujourd’hui, alors que nous avons seulement parlé au téléphone, c’est un de mes plus grands regrets de ne jamais l’avoir rencontré. Nous aurions pu nous croiser chez le Grand Duc Vladimir Cyrillovitch, car Volkoff, légitimiste, qui ne chercha jamais un autre prétendant, fut lié d’amitié avec la famille impériale et participa à l’un des premiers voyages de la Grande Duchesse Marie en Russie.
Je ne réussis pas à l’entraîner au fin fond de la Sibérie, Tioumen, Tobolsk etc., dans un voyage organisé par notre association « Une fenêtre sur l’Europe » dont il devait devenir membre d’honneur : mais les Sibériens voulaient « des Français pur sang »... Et le voyage se fit seulement avec René Guerra.
Encore un échec avec ma proposition à une maison d’édition amie en Russie, de son livre « Désinformation : flagrant délit »: absorbés par la publication des plus vulgaires vaudevilles d’auteurs insignifiants, dont les droits avaient été achetés avant même leur sortie en France, le éditeurs tournèrent le dos à Vladimir Volkoff : un auteur portant un nom russe ne se vendrait pas. Et cependant, la tentation était grande de le partager avec ceux qui auraient pu le comprendre, et qu’il aurait aidés à comprendre les choses ... Sans parler du vrai délice de cette lecture. Je n’oublierai jamais une journée passée, dans un square du Marais, à le lire, jusqu’au coucher du soleil. Le livre fini, il me restait ce sentiment de vivante implication à une belle vérité qui avait encore bec et ongles.
Une petite maison d’édition, mais aussi une des meilleures, les éditions Amphora, avait quand même finalement publié un de ses livres, « Chroniques angéliques ».

Il m


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