Violence conjugale

Une terrible réalité qui touche une femme sur dix et qui a des conséquences sur les enfants du couple

Publié le 23 novembre 2006

Quelques données chiffrées :

Tous les 2 jours une femme meurt sous les coups de son conjoint ou de son ex-conjoint (d'après, l’Observatoire national de la délinquance.

Une femme sur 10 déclare avoir été victime de violences de la part de son conjoint ou ex conjoint dans les douze derniers mois. (Enquête Nationale sur les Violences Envers les Femmes, menée en 2000)

20 à 30 % de femmes de 18 à 60 ans déclarent avoir subi des violences au cours de leur vie et une femme sur dix déclare avoir été victime de violences conjugales au cours des douze derniers mois.

60% des interventions de la Police à Paris la nuit concernent des violences conjugales (d'après Documents de la Délégation Régionale IdF aux droits des femmes).

Les violences contre les femmes donnent rarement lieu à une démarche auprès de la police: Seulement 8% de femmes victimes de violences conjugales portent plainte et seul 6% des plaintes ont des suites judiciaires. (d'après Documents de la Délégation Régionale IdF aux droits des femmes).

Les hommes coupables de violences envers les femmes sont passibles de peines de 3 à 5 ans et allant théoriquement jusqu'à 20 ans d'emprisonnement ou la réclusion à perpétuité en cas de meurtre, mais le plus souvent seules des peines de quelques mois avec sursis sont prononcées.

Les violences envers les femmes : problème de santé publique

Selon l’étude d’Eisenstat et Bancroft (1999): Ont été victimes de violences de la part de leur partenaire : une femme sur trois se présentant aux urgences, une femme sur quatre consultant les médecins généralistes, une femme sur quatre ayant consulté en psychiatrie pour tentative de suicide ou syndromes psychiatriques variés, une femme sur six consultant en obstétrique

Les femmes victimes de violences conjugales perdent de 1 à 4 année de vie en bonne santé (d’après l’OMS)

La prise en charge ambulatoire d’une femme victime de violence conjugale coûte deux fois et demie plus cher que la prise en charge d’autres femmes.

5% des femmes victimes de violences conjugales ont fait une tentative de suicide contre 0,2% chez les femmes n’ayant pas subi de violences conjugales. (Soit 25 fois plus). (Enquête ENVEF)

Plus de 50% des femmes victimes de violences conjugales souffrent de dépression.
Une femme sur trois se présentant aux urgences, une femme sur quatre consultant des médecins généralistes, une femme sur quatre ayant consulté en psychiatrie déclare avoir été victimes de violences au cours de sa vie. (Étude 1999)

Les deux tiers des enfants témoins sont exposés aux violences et sont eux mêmes victimes de violences psychologiques et aussi de coups directs ou indirects. Le risque plus tard d’être eux même maltraités serait de 6 à 15 fois plus élevés qu’ils s’agissent de violences physiques, psychiques ou sexuelles.

Lors de la grossesse, les violences débutent pour 40% des femmes, et dans 40% les violences redoublent chez les femmes déjà victimes de violences (Johnson ,1996)

Dans le cadre d’une consultation de médecine générale : plus d’1 femme sur 2 déclarent avoir été victime au cours de leur vie de violences verbales, prés d’1 femme sur 5 a été victime de violences sexuelles et prés d’1 femme sur 3 de violences physiques. (Gilles Lazimi).

Aperçu des effets sur les enfants de l’exposition à la violence envers les femmes

D’après le guide à l’intention des éducateurs et des intervenants en santé (Canada) et
les actes des rencontres de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes (Seine-Saint-Denis)

Une moyenne de deux enfants par famille sont exposés et victimes des violences infligées par leur père à leur mère.
(Johnson, 1986)

Les problèmes affectifs et comportementaux sont 10 à 17 fois plus fréquents chez les enfants que chez ceux appartenant à un foyer non violent
(JAFFE, WOLFE, WILSON, 1990)

Les enfants exposés à la violence envers les femmes manifestent souvent des symptômes de stress post-traumatique : peur, anxiété, irritabilité, difficulté a se concentrer, souvenirs importuns des actes de violences, explosions de colère et hyperactivité
(LEHMANN, 1997; GRAHAM-BERMAN, 1998).

D’après l’étude du service national d’appel téléphonique : réactions et impact des violences conjugales sur l’enfant :


64% ont un sentiment de peur
29% ont des sentiments de tristesse,
21% des enfants de honte et d’impuissance
80% des enfants de plus de 10 ans parlent d’une envie de partir de la maison
12% ont des comportements violents sur eux même ou sur les autres
10% expriment un sentiment de révolte contre la « passivité » de la victime
Mme Elisabeth Colleta observatoire de l’enfance en danger 2005
Actes des rencontres de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes (Seine-Saint-Denis)

Un enfant est toujours victime des violences conjugales subies par sa mère. Face aux humiliations, coups et menaces, sollicité pour prendre parti ou s’interposer, se sentant coupable, il perd toute sécurité intérieure et peut retourner contre lui ces violences.
Pierre Lassus psychothérapeute 2005 Actes des rencontres de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes (Seine-Saint-Denis)

60% des enfants témoins et victimes des violences familiales souffrent du syndrome de stress post-traumatique.
(LEHMANN, 1997)

Les actes d’agression contre les pairs, les enseignants et les mères sont plus fréquents chez les enfants qui sont témoins d’acte de violences envers les femmes.
(JAFFE et coll., 1986 ; KERIG et coll., 1998)

Ces enfants souffrent souvent de problèmes affectifs : dépression, anxiété, refus d’aller a l’école, retrait des interactions sociales et difficulté à se séparer de leur mère.
(Sternberg et col. 1993 ; Sudermann et Jaffe, 1997).

Les résultats scolaires et le développement social sont souvent compromis, comme l’est aussi le développement des comportements adaptatifs.
(Moore et Pepler, 1989).

Les symptômes sont fonction de divers facteurs : arrêt ou persistance e la violence ; sentiment d’insécurité éprouvé par les enfants et la mère ; durée et intensité des actes de violences observés.

Les deux tiers des enfants témoins sont exposés aux violences et sont eux-mêmes victimes de violences psychologiques et aussi de coups directs ou indirects. Le risque plus tard d’être eux même maltraités serait de 6 à 15 fois plus élevés qu’ils s’agissent de violences physiques, psychiques ou sexuelles.

 

Chiffres de l’Enquête Nationale sur les Violences Envers les Femmes en France

Ces données sont extraites du rapport de l’Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France, (enquête Enveff) publié à la Documentation française en juin 2003 sous le titre « Les violences envers les femmes en France. Une enquête nationale ».

Cette enquête commanditée par le Secrétariat d'État aux droits des femmes, à la suite des recommandations élaborées lors de la Conférence mondiale des femmes de Pékin en 1995, est la première enquête statistique nationale réalisée en France sur les violences envers les femmes. Elle a été menée en 2000, auprès d’un échantillon représentatif de 6970 femmes âgées de 20 à 59 ans et résidant, hors institution, en métropole.


Elle avait pour objectif de cerner les divers types de violences personnelles qui s'exercent envers les femmes, à l'âge adulte, dans leurs différents cadres de vie (famille, travail, lieux collectifs), quels que soient le (les) auteur(e)s des violences.

C’est dans le cadre du couple que se perpétuent le plus de violences, qu’elles soient verbales, psychologiques, physiques ou sexuelles. Environ une femme sur dix a été victime de violences conjugales au cours des 12 derniers mois : 7 % ont subi du harcèlement psychologique et 3% des agressions physiques cumulées avec du harcèlement psychologique, des agressions verbales et sexuelles de la part de leur petit ami, concubin, ou mari.

Si les violences conjugales touchent tous les milieux sociaux, les femmes les plus jeunes, les femmes en grande précarité sociale et économique (chômeuses non indemnisées, ou de longue durée, conjoint chômeur) sont plus souvent victimes de violences conjugales que les autres : les taux de violences sont multipliés par 1,5.

Les femmes immigrées ou issues de l’immigration ont déclaré avoir subi plus violences que autres, particulièrement les jeunes femmes originaires du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne, qui en déclarent en moyenne deux fois plus.

Ces résultats extrapolés à la population résidant en Seine-Saint-Denis donnent les estimations suivantes :

- environ 36 000 femmes victimes de violences conjugales, dont 25 000 essentiellement de harcèlement psychologique et d’agressions verbales et 11 000 de cumuls de violences physiques, psychologiques et sexuelles. Ces chiffres ne tiennent pas compte de la composition sociologique de la population et sont sans doute sous-estimés, compte-tenu des taux de chômage et de la proportion de personnes immigrées ou issues de l’immigration dans le département.

On peut estimer à un millier le nombre annuel de femmes victimes de viol dans le département. Ces viols étant perpétrés principalement par des conjoints ou ex-conjoints, des petits amis ou des proches, exceptionnellement par des inconnus.

L’enquête a permis de cerner l’ampleur du silence qui recouvre les violences envers les femmes notamment dans le cadre familial et a souligné la carence de l’écoute, tant des institutions que des proches.
Une proportion très élevée de femmes ayant subi des violences, en ont, au moment de l'enquête, parlé pour la première fois : environ la moitié pour les violences physiques et les deux tiers pour les violences sexuelles.
Une très faible part des femmes ayant subi des violences physiques ou sexuelles ont porté plainte : moins d’une victime sur dix d’agressions sexuelles au cours de la vie et moitié moins pour les violences des 12 derniers mois ; un peu plus d’une sur dix dans le cas d’agressions physiques de la part du conjoint.

 

Ces données sont issues d'un communiqué de presse publié à l'occasion du lancement en Octobre 2006 d'une campagne sur ce thème. Retrouvez ces informations sur le site http://www.violences.fr/


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