Figure historique de l’art contemporain, Artur Barrio croise le chaos et l’éphémère dans une installation
riche en senteurs et étrangeté.
Exposition du 2 décembre au 8 janvier 2006
Après Rivane Neuenschwander en 2003, le Palais de Tokyo remonte le temps pour aborder le travail d'un grand
artiste brésilien apparu dans les années soixante avec le mouvement néo-concret, à l'époque du gouvernement
militaire. "Depuis notre inauguration, nous avons toujours voulu insister sur les racines de la nouvelle
génération d'artistes, avec par exemple Daniel Buren, Louise Bourgeois, Marina Abramovic ou Robert Malaval.
Artur Barrio est de cette stature, et sa participation à la dernière Documenta a créé l'événement."
Notre aptitude à percevoir le monde
Utilisant des matériaux pauvres de la vie quotidienne, Barrio a été l'un des premiers à réaliser de gigantesques
installations aux compositions chaotiques mêlant de multiples éléments hétéroclites, comme le font aujourd'hui
Tomoko Takahashi ou Jason Rhoades. Il s'intéresse cependant davantage au social et à l'économie, et son travail
porte sur notre aptitude à percevoir le monde qui nous entoure.
Déréglementer la nature de l'art
Né en 1945 à Porto (Portugal) et immigré au Brésil à son enfance, Artur Barrio développe, depuis les années 1960,
une pratique artistique expérimentale en étroite association avec le mouvement Néo-Concret, mené par des artistes
comme Lygia Clark, Helio Oiticica, etc...
Par divers projets comme une marche de quatre jours et quatre nuits à travers la ville sous l'influence du cannabis,
sans nourriture et sans destination (4 Dias 4 Noites, 1970) ou un livre fait de viande fraîche (Livro de Carne, 1978/79)
en passant par les diverses Situação, Artur Barrio a toujours cherché à déstabiliser et à déréglementer la nature de
l'art, sa fonction, sa forme et ses matériaux...
L'expérience sur l'image et sur l'objet
Tenant d'un art qui fait du corps le centre de la production artistique, Artur Barrio met en avant l'expérience sur
l'image et sur l'objet. Les interventions urbaines, l'intérêt porté à la relation directe avec la vie, l'esthétique
du chaos, l'utilisation de matériaux éphémères et précaires issus de la vie quotidienne comme le sel, le papier
hygiénique ou le sang sont autant de fils croisés depuis de longues années par Artur Barrio pour tisser une œuvre
exemplaire au regard de nombreuses pratiques artistiques actuelles.
Une réflexion inter-textuelle conçue pour le Palais de Tokyo
Dans cette lignée, "Réflexion...(s)..." est une installation spécialement conçue pour l'espace du Palais de Tokyo qui
réactive, sous la forme d'une variation, une série initiée depuis plusieurs années. Par ce travail de variation,
Artur Barrio recycle d'anciens travaux et crée une réflexion inter-textuelle entre eux. Cette réflexion permet de
ne jamais tenir pour achevées des œuvres qui sont en perpétuel développement et ré-interprétations continues.
Un petit tour de manège au Palais de Tokyo en compagnie des bébés clones chantants de Shu Lea Cheang ?
Exposition du 8 décembre 2005 au 8 janvier 2006
Vernissage le mercredi 7 décembre 2005, de 20h à minuit
"Baby Love", un monde d'amour virevoltant...
Créée tout spécialement par Shu Lea Cheang pour le Palais de Tokyo, "Baby Love" est une installation interactive à
laquelle l’artiste invite le public à participer. Dans l’esprit des grands manèges de fêtes foraines, six bambins
clonés et informatisés siègent dans six tasses à thé monumentales qui virevoltent dans les espaces du Palais de
Tokyo. Par un savant échange d’informations via ordinateur, wi-fi et micro-capteurs, les petits clones chantent
et parlent d’amour, stimulés par les interactions créées par le public lui-même.
"Baby Love" propose une promenade interactive et stimulante au sein de l’univers de Shu Lea Cheang, à mi-chemin
entre un monde de science-fiction dans lequel l’amour est traité par ordinateur, les émotions sont placées sous
le contrôle de mémoires digitales et la fantaisie et la surprise entièrement calculées à l’avance.
Le projet "Baby Love" est le second moment d’un grand projet en trois parties, intitulé "Locker Baby Project"
initié par Shu Lea Cheang en 2001 avec l’installation "Baby Play". L’ensemble est une réponse de l'artiste au
roman de Ryu Murakami, "Les bébés de la consigne automatique", publié en 1981, et qui raconte la terrible vie
de deux jumeaux, Hashi et Kiku, abandonnés dès leur naissance dans une consigne de gare. Une plongée sans
concession dans un japon violent et traumatisant.
Alors que "Baby Play" proposait au public de jouer avec un baby-foot géant dont les personnages avaient été
remplacés par des clones d’enfants transparents, "Baby Love" se veut un hommage à l’amour et à la fête. Mais
l’ensemble se passe dans un monde du futur et, en cette année 2030 dans laquelle l’artiste inscrit son scénario,
des clones d’enfants nourris de gènes extraits de perles provenant du fond des mers au large de l’île d’Okinawa
détiennent les clefs qui leur permettent de recevoir, conserver, transmettre et négocier l’ensemble de la mémoire
et des émotions de l’humanité...
Prêts pour faire un tour de manège avec eux ?
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