Bien que l'on ne puisse observer en cette rentrée de révolution dans les perceptions de l'opinion quant à la réforme des retraites, plusieurs inflexions s'avèrent relativement préoccupantes pour le gouvernement, et le seront davantage encore si la mobilisation prend corps :
- un doute croissant d'une partie de l'opinion sur la justice de la réforme (les questions relatives à la pénibilité semblant peser lourd dans ces perceptions),
- une incarnation ministérielle de la réforme qui apparaît quelque peu fragilisée, même si pour le moment l'affaire Woerth pèse beaucoup moins dans l'opinion que dans les médias, les Français continuant de montrer un intérêt fort relatif aux développements de ce dossier ;
- un soutien déclinant à la proposition phare du recul à 62 ans de l'âge de départ à la retraite avec de très forts clivages générationnels, politiques et des franges importantes de la population dans une attitude très hostile,
- un risque de coupure avec l'électorat populaire chez qui les préoccupations liées à la situation économique et sociale (et notamment le chômage et le pouvoir d'achat) sont particulièrement fortes6.
Damien Philippot, Directeur de clientèle au Département opinion et stratégies d'entreprise
6 De ce point de vue, l'insécurité, thématique ayant fait l'objet d'une offensive médiatique de la part de l'exécutif cet été, apparaît comme un problème de second rang : une enquête Ifop pour France Soir réalisée du 24 au 26 août révélait ainsi que l'insécurité ne figurait qu'au 4ème rang des préoccupations des ouvriers et des employés.
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