L'enseignement supérieur français marche sur la tête

Les statistiques et les derniers rapports autour des thèmes de l'emploi et de la formation permettent d'apporter une réponse positive à cette question !

Publié le 30 octobre 2006

De l’université à l’emploi : chiffres clés pour comprendre les enjeux.

Quelques constats

En 2005 : 62,5% d’une génération sont titulaires du baccalauréat :

- 33,7% dans une série générale

- 17,3% dans une série technologique

- 11,5% dans une série professionnelle.

85% des bacheliers continuent leurs études dans l’enseignement supérieur, soit en gros 50% d’une génération :

  • 98% des bacheliers généraux
  • 89% des bacheliers technologiques
  • 31% des bacheliers professionnels

Entre 80 000 et 90 000 bacheliers quittent chaque année l’enseignement supérieur sans aucun diplôme. Au total, 20% des bacheliers entrés dans l’enseignement supérieur (soit 10% d’une génération) en sortent sans aucun diplôme. Parmi eux :

  • 11% des bacheliers généraux
  • 30% des bacheliers technologiques
  • 61% des bacheliers professionnels

Un an après l’entrée dans le supérieur :

- à l’université (hors IUT)  : 13% se réorientent : 7% STS, 2% en IUT, 4% dans les écoles paramédicales ou sociales ; 6% arrêtent leurs études ; 33% redoublent la première année ; 48% passent donc en deuxième année.

- dans les CPGE : 55% des élèves des classes littéraires et 80% des élèves des classes scientifiques ou économiques continuent en deuxième année ; 1,3% reste en première année ; ceux qui quittent ces classes continuent pour la plupart leurs études à l’université ;

- dans les IUT : 77% continuent en deuxième année, 9% redoublent la première année, 12% se réorientent vers les STS ou plus rarement vers l’université, 2% arrêtent leurs études ;

- dans les STS : 84% continuent en deuxième année, 7% redoublent la première année, 3% se réorientent, 6% arrêtent leurs études.

Taux de réussite dans les principales filières :

- DEUG : 82% pour les bacheliers généraux, 39% pour les bacheliers technologiques, 17% pour les bacheliers professionnels ;

- DUT (cumul de deux et trois ans) : 94% pour les bacheliers généraux, 70% pour les bacheliers technologiques, 51% pour les bacheliers professionnels ;

- BTS : 77,5% pour les bacheliers généraux, 66,5% pour les bacheliers technologiques, 45% pour les bacheliers professionnels.

Quelques commentaires

- Le taux d’échec global à l’université constitue un véritable gâchis.

- L’absence d’une sélection (dont personne ne trouve à redire dans les IUT, les STS et les CPGE) ou d’une orientation efficace à l’entrée à l’université est parfaitement hypocrite puisqu’une sélection impitoyable s’effectue au terme de la première année.

- Ce gâchis concerne en premier lieu les bacheliers professionnels et à un degré moindre les bacheliers technologiques qui s’inscrivent à l’université, faute d’être admis dans les IUT ou les STS qui ont été créés pour les recevoir mais qui, par une dérive scandaleuse, admettent une majorité de bacheliers généraux dont la réussite y est beaucoup plus grande que celle des autres bacheliers.

- On pourrait donc dire d’une manière abrupte que notre système d’enseignement supérieur, tel qu’il est actuellement organisé, « marche sur la tête ».


Formation


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