Il semble que la grande majorité des étudiants français ont découvert brusquement fin 2003 que le système dit LMD (licence, mastère, doctorat) leur posait des problèmes. Ce système est également nommé "Trois; cinq; huit" par référence aux durées respectives des études correspondant à chaque cycle : 3 ans pour la licence; 5 ans pour le mastère (professionnel - équivalant aux DESS - ou de recherche - équivalant aux DEA) ; 8 ans pour le doctorat.
Cette prise de conscience serait à l'origine des grèves qui, durant cette période, ont affecté certaines universités. L'inquiétude semblait reposer essentiellement sur les conséquences de la "disparition" des diplômes à Bac + 2 (DEUG ou DUT en particulier) et à Bac + 4 (maîtrises). Il y a sans doute là un problème, mais on doit noter que, pour ce qui est des formations à Bac + 2, on observe que la majorité des étudiants, une fois titulaires d'un diplôme de ce niveau, s'inscrivent dans des formations plus longues (licence). Le problème majeur est toutefois ailleurs, ce qui, bien sûr ne veut pas dire que cette question des diplômes actuels à Bac + 2 ou Bac + 4 ne se pose pas.
En effet, cette réforme s'inscrit dans une politique européenne d'harmonisation des diplômes qui a été engagée depuis longtemps et à laquelle on n'a accordé souvent qu'une attention distraite. On constate que c'est ainsi que les choses se passent dans bien des cas. On ne prend en compte les conséquences concrètes de décisions européennes antérieures qu'au moment où, souvent plusieurs années après, elles entrent effectivement en vigueur et affectent alors, directement, la vie de ceux qu'elles concernent, mais qui n'y avaient pas pris réellement garde. On pourrait en citer des dizaines d'exemples aussi bien, dans le domaine de la pêche ou de l'agriculture que dans ceux des transports ou de l'énergie. Seule une minorité d'étudiants, souvent ceux qui avaient commencé à avoir une certaine expérience professionnelle, ont compris, depuis deux ou trois ans déjà, l'intérêt de compléter leur formation en quatre ans (une maîtrise le plus souvent) par un diplôme en cinq ans. C'est, sans doute, cette prise de conscience qui, depuis deux ans surtout, est à l'origine de la vogue des DESS. En effet, dans les recherches d'emploi, ces étudiants ont pu déjà constater, en France ou à l'étranger, l'importance d'une formation à Bac + 5.
Il était flagrant dans les débats de la fin de l'année 2003 que les protagonistes étaient mal informés et que toutes ces contestations étaient, si l'on veut, des combats d'arrière-garde. Il est en effet très difficile aux gouvernements de revenir sur des engagements antérieurs, pris dans le cadre européen, sans grande contestation, mais aussi sans que leurs incidences aient été toujours perçues et moins encore évaluées.
On peut d'ailleurs penser que, dans la réalité, les conséquences seront mineures. Comme on l'a vu, la plupart des titulaires de DEUG et des DUT vont au-delà, donc jusqu'à la licence et les titulaires de BTS ne se voient pas accorder l'équivalence d'un DEUG dans la plupart des cas. Dans le passé, le système français lui-même a connu des changements, ceux-là purement internes, comme, autrefois, le passage de la propédeutique qui se préparait en un an et ouvrait sur une licence en 2 ans, ou plus tard DUEL ou DUES en deux ans, sans que ces changements aient causé de notables problèmes. La licence, restant ce qu'elle est, le problème de l'accès aux concours administratifs ne se pose pas vraiment. La maîtrise jouait un rôle dans les concours de recrutement de l'Education nationale, mais on peut facilement adapter le système, sans même peut-être avoir à le modifier sensiblement.
On peut donc se demander si tous ces mouvements de la fin de l'année 2003 ne témoignaient pas surtout, chez les étudiants, d'une inquiétude plus générale et d'une angoisse face à leur avenir, ce que confirme le fait que les grèves éventuelles se sont produites surtout dans les établissements littéraires alors que, dans les universités scientifiques ou juridiques, le mouvement a été bien plus réduit.
Ces mouvements auraient sans doute été plus efficaces si, au lieu de porter sur une contestation générale du système LMD, qui, rappellons-le, a été adopté par la France dans le cadre des accords européens, ils avaient porté sur des questions précises comme celles des BTS ou des concours de recrutement de l'éducation nationale qui, surtout, dans les filières littéraires, demeurent le débouché naturel
Cap sur l'actualité Découvrez dans cette partie toutes les rubriques qui vont vous permettre de suivre l'actualité étudiante au jour le jour : Chiffres clés, Emploi, Formation, Jeux vidéo, Informatique, Insolite, Loisirs & Spectacles, Musique/Vidéo : CD/DVD, Pratique, Voyage, Web & Internet, Autre, Logement, Mode & Beauté, Guide Métiers, Argent - Crédit - Banque, Association, Bons plans ... tout un programme !