Dans l’édition du 16 au 23 mars, la rédaction de l’Usine Nouvelle sort pour la deuxième année consécutive, une enquête exclusive classant
les écoles d’ingénieurs les plus dynamiques en France.
L’étude menée auprès des 150 centres les plus importants s’est appuyée sur six facteurs majeurs de la performance d’une école : leurs
ressources, la situation des diplômés, l’ouverture à l’international, la politique d’innovation, les relations avec l’industrie et
l’implication dans la création d’entreprise. Plusieurs enseignements de cette édition 2006 : les réseaux d’établissements ont le vent
en poupe et certains campus en province tirent leur épingle du jeu, faisant même de l’ombre aux « grosses cylindrées » de l’ingénierie.
Les cartes maîtresses d’une école d’ingénieur dynamique performante et attractive :
Elle s’ouvre à l’international
* En tête de palmarès, L’Insa Lyon accueille près de 1400 étudiants étrangers, tandis que le second, Centrale Paris n’en compte pas encore 500 !
* Si cette dynamique est encouragée les politiques et le monde industriel, la rédaction note également que si de réels efforts ont été faits pour
adapter la pédagogie et valoriser la force des réseaux des écoles, la France est encore bien loin des pays anglo-saxons et n’accueille pas assez
de jeunes issus de pays émergents, comme la Chine ou l’Inde.
Elle dépose des brevets
* Le leader dans cette catégorie est lui aussi très en avance sur ses concurrents : avec 200 brevets déposés depuis 5 ans alors que la moyenne
nationale n’est que de 10 brevets déposés sur cette même durée, l’IFIPS Paris-Sud est pour l’Usine Nouvelle l’exemple de l’évolution des écoles
aujourd’hui.
* Le dépôt de brevet est selon le magazine devenu un véritable « enjeu stratégique » pour les écoles qui trouvent appui auprès des entreprises
recruteur potentiel, qui font évoluer leur service de recherche de plus en plus souvent vers une externalisation dans les écoles.
Elle agit en synergie avec les entreprises
* Dans cette perspective, les rapports entre industriels et écoles sont aussi plus forts : ESTP Paris et Centrale Paris ont accueilli pendant
environ 20 000 heures environ des cours assurés par des industriels.
* Parallèlement, ceux-ci adaptent aussi leur communication et leur mode de recrutement aux « us et coutumes » des écoles en organisant avec elles
des « technos games » moyens de plus en plus répandu pour recruter la perle rare, celle qui a su se distinguer...
Elle soutient les jeunes entrepreneurs
* Si la création d’entreprise est encore un chemin ardu pour les jeunes ingénieurs, les écoles s’efforcent à les aider de façon notable, comme par
exemple CPE Lyon qui propose des cours sur l’entrepreneuriat et a noué des liens étroits avec l’incubateur régional Créalys.
* Dans la même dynamique, certaines écoles se sont rassemblées et ont créé des groupes comme le Groupe des Ecoles de Télécommunication qui propose
des bourses aux étudiants-entrepreneurs.
* Cependant comme le note la rédaction de l’Usine Nouvelle, ces démarches sont encore trop rares, et la création d’entreprise est encore difficile
pour les jeunes ingénieurs.
Les filières techniques en désaffection
* Si le dynamisme des écoles est visible au travers de l’enquête réalisée, l’Usine Nouvelle constate cependant que les étudiants délaissent de plus
en plus la production et la recherche au proft du management, de la finance ou encore du marketing : ainsi, près d’un tiers des écoles reconnaissent
que plus de 30% de leurs cours ne sont pas des cours scientifiques ou techniques !
* Cette dérive n’est pas sans risque comme le note la rédaction : si la polyvalence des enseignements ouvre des perspectives salariales notables pour
les jeunes ingénieurs - ainsi les étudiants de Chimie Paris, qui bénéficient d’une formation tournée vers l’avenir, ont plus de débouchés et leurs
salaires ont augmenté en 2 ans de près de 20% - à plus ou moins long terme, certaines filières industrielles risquent de se voir désertées.
* Pour les écoles, cette « dérive » résulte principalement d’un manque de valorisation de ces filières de la part des industriels. Si ceux-ci ne semblent
pas vraiment agir, L’Usine Nouvelle constate plusieurs initiatives des écoles, pour circonscrire la décrue, notamment la création de filières Recherche
& Développement pour rendre plus concrètes cette fonction aux yeux des étudiants.
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