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Catégorie > Art & Création

Interview de Günther Höser, artiste de Swap Art !

Le Swap Art, un art unique en son genre : créer des tableaux à partir du son de la voix !

Interview de Günther Höser, artiste de Swap Art !Günther Höser est né en Allemagne. Après des études d’art à la Kunsthochschule d’Hanovre et de sciences sociales à Hambourg et à Nice, il débute sa carrière professionnelle en tant qu’enseignant et chercheur à Nice et Aix en Provence. Mais il quitte le milieu universitaire pour le privé et finit directeur commercial Europe d’un grand groupe français. En 1994 il crée sa propre entreprise d’ingénierie linguistique à Sophia Antipolis. Cependant, Günther Höser ne perd jamais sa passion pour l’art et les sciences, et en 2005 il vend son entreprise prospère, pour se consacrer désormais entièrement à la peinture. Il pratique le « Swap Art », selon sa propre expression, dont il a fait une marque commerciale. Pour Capcampus il a accepté de partager sa passion pour cet art nouveau et de répondre à nos questions.

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Bonjour Günther, vous êtes un artiste très atypique, de par votre parcours d’abord, mais aussi par vos créations, car vous faites des tableaux à partir du son de la voix humaine. D’où vous est venu l’idée ?

Günther Höser

J’ai toujours pratiqué la peinture, mais plutôt traditionnelle, à l’huile ou l’acrylique sur toile. Après des études d’art presque clandestines, car mes parents y étaient catégoriquement opposés, que j’avais mené en parallèle avec des études en sciences sociales, j’ai débuté une carrière universitaire. J’avais donc de plus en plus de mal à trouver le temps et le recul nécessaire à la peinture. Cela s’est empiré après mon passage dans le privé, et je n’ai repris la peinture qu’après avoir créé ma propre entreprise. Ainsi pendant des années j’étais plutôt un observateur passionné de la créativité autour de moi.
Mais ce recul m’a aussi aidé. En tout cas, cela m’a libéré du carcan intellectuel qui entoure la création artistique et plus particulièrement la peinture. J’ai ainsi pu m’ouvrir aux nouveaux médias. Car s’il y a un domaine qui ignore obstinément la révolution informatique, c’est bien celui des beaux arts. Vous aurez du mal à trouver une exposition, voir même un livre sur « computer arts ». Allez à la librairie du Centre Beaubourg : parmi les dizaines de milliers d’ouvrages en vente il y a peut-être quatre ou cinq sur « les nouveaux médias », mais rien du tout sur « Computer Arts ». Ce n’est pas la faute du gérant de la librairie du Centre Beaubourg, car même s’il en cherche, ce qu’il fait peut-être, il aura du mal à trouver des ouvrages traitant de ces sujets. Si vous parlez anglais, vous allez trouver sur Amazon une dizaine d’ouvrages (parmi les 500 000 titres du site) qui incluent l’expression « computer arts » dans le titre, mais dont la plupart ne traitent que la partie ludique qui intéresse le grand public et à ma connaissance aucun ne traite de l’ordinateur comme outil de la peinture, au même rang que la brosse ou les pigments.
Il n’est donc pas étonnant que la plupart des gens qui entendent « son, art et informatique » dans la même phrase pensent aux « visualisations » sur iPod ou dans Windows Media Player, ces motifs de couleurs et formes produits au hasard par l’interaction du son avec un programme informatique.
Il y a pourtant de nombreux artistes qui créent en utilisant des ordinateurs ou du moins l’ont intégré à certains stades de la création. Je m’intéresse depuis quelques années à l’apport de l’informatique à la peinture artistique. Mais l’idée d’exploiter le potentiel graphique contenu dans l’image spectrographique du son vient de ma femme. Elle me voyait depuis des mois expérimenter avec différents programmes informatiques et un beau matin au réveil elle me demande pourquoi je n’ai jamais encore utilisé les images spectrographiques, ces appareils qui permettent de visualiser les ondes, appareils bien connus des scientifiques et des techniciens du son.
Ainsi elle m’a ouvert la porte du royaume des sons, et j’ai commencé à regarder et voir différemment. Il semble que certains aveugles voient les sons, et parfois j’ai l’impression que j’en suis capable, mais c’est une chose que j’ai découverte assez récemment. Mais au fur et à mesure que j’avance sur cette voie, je découvre un monde extraordinaire.

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Le Swap Art c'est quoi ?

Günther Höser

SWaP est un acronyme de « Spectrografic Wave Processing ». Nous appelons ces créations SWaP Art parce que tout commence par le traitement spectrographique des ondes. Mais en dehors de mon travail, ce terme n’existe pas, ou pas encore. Si vous ‘googlez’ le terme, vous trouvez bien quelques 4000 entrées, mais en général le mot swap est utilisé comme verbe, avec le sens habituel du mot anglais « to swap », ce qui veut dire « échanger ». Cette expression s’applique d’ailleurs aussi à mes créations, puisque je « swap » la technologie par l’art. Nous avons déposé SWaP Art comme marque commerciale et comme procédé de création artistique, mais uniquement dans le but d’éviter que quelqu’un autre le fasse et vienne nous embêter par la suite.
Aujourd’hui je pense même que le terme SWaP Art est quelque peu trompeur, car il met trop l’accent sur la partie informatique, qui est certes indispensable pour le traitement de l’information contenu dans les sons, mais pas déterminant quant au travail créatif, qui reste entièrement humain.

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Quelles sont les principales étapes avant d’obtenir le résultat final ?

Günther Höser

Cela peut sembler assez complexe. Je passe sur la phase d’enregistrement, qui est pourtant très importante, car les conditions d’enregistrement, tels le milieu, les personnes ou le type de message, tout influera sur le résultat final. Arrivé à mon studio, je débarrasse l’enregistrement des parasites pour isoler la voix et pour optimiser les paramètres du son qui m’intéressent. J’attire votre attention sur le fait que dès le départ et tout le long de ce processus mes choix très subjectifs interviennent et seront tout aussi déterminants que l’enregistrement de la voix elle-même. Il s’agit donc d’un produit de création humaine, où l’informatique ne sert que d’outil ou de catalyseur. L’enregistrement sera ensuite sauvegardé sous forme d’un fichier électronique. Ce fichier sera traité en utilisant des programmes spectrographiques et un certain nombre de filtres adaptés. Lors de cette phase de transposition du son en image brute, les possibilités sont aussi vastes que déterminants. Toutes les informations sont présentes, mais lors du traitement spectrographique je vais privilégier certains paramètres seulement. C’est nécessaire, car plus vous globalisez pour inclure un maximum d’informations, plus vous banalisez le tableau. C’est un peu comme peindre le ciel nocturne, qui est la représentation la plus vaste de notre univers, au lieu de faire le portrait d’une personne assise en face de vous. N’empêche que ce choix est également très subjectif et déterminant pour la suite. Dès le départ, j’ai un projet et mes différents choix lors du traitement se font tous en fonction de ce projet. Quand la sortie spectrographique est optimisée, je traite le fichier graphique brut avec un certain nombre de programmes professionnelles, en utilisant des filtres que j’ai développé ou fait développer selon mes spécifications. A la fin de cette phase « informatique » l’image est toujours brute, même si certains éléments graphiques attractifs commencent par apparaître. Commence alors le travail traditionnel du peintre. Parfois je continue à travailler le graphisme par ordinateur, parfois je passe directement au pinceau. J’anticipe votre question qui m’a été posée de nombreuses fois : « Quel est alors le rapport entre l’enregistrement initial et le tableau finalisé ? » Je vous réponds : « C’est le rapport entre un sujet et un tableau, le même rapport que vous trouvez chez tous les peintres traditionnels. Parfois c’est très proche, quasi photographique, comme les SWaP Art Editions Limitées No 36 et 38, et parfois c’est mon interprétation de cette réalité, qui alors n’a plus rien d’une photo, tels par exemple mes créations à partir d’enregistrements dans les rues de Monaco. ». Tous les peintres travaillent ainsi, et cela vous montre que mes tableaux ne sont pas les produits d’un programme informatique.



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