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Emploi cadre 2012-2016 : stagnation des recrutements selon la dernière étude de l'APEC

Une conjoncture toujours peu favorable aux jeunes diplômés en recherche d'un premier emploi cadre

Publié le 16 juillet 2012
Emploi cadre 2012-2016 : stagnation des recrutements selon la dernière étude de l'APEC

Pour Jean-Marie Marx, Directeur Général de l’Apec « le marché de l’emploi cadre devrait connaître une situation de stagnation au moins jusqu’en 2016. Les volumes d’embauches resteraient cependant à haut niveau. Ainsi, 176 300 cadres seraient recrutés en 2012, contre 181 300 en 2011. Puis pour les années 2013 à 2016, le volume
annuel d’embauches oscillerait entre 177 000 et 179 000. Cette stagnation est à mettre en lien direct avec la faiblesse des investissements des entreprises, dans le contexte de croissance économique tétanisée que connaît l’Hexagone ».


« Pour autant, ajoute Jean-Marie Marx, le marché n’est pas sinistré, et les entreprises continueront à recruter de nombreux cadres, majoritairement des jeunes cadres et des cadres confirmés, et principalement pour remplacer les départs à la retraite. Cela leur sera nécessaire, en particulier pour les PME, afin de relever les défis en matière d’innovation et de conserver les compétences dont elles ont besoin. »


En 2009, l’Apec a élaboré un modèle économétrique qui met en évidence la relation étroite existant entre, d’une part les recrutements de cadres, et d’autre part, les investissements et la croissance. Ce modèle permet de faire des prévisions de recrutements de cadres à 5 ans et apporte un éclairage fiable sur la tendance la plus probable.

 

  • Pour la période 2012-2016, l’Apec a retenu des hypothèses de croissance économique très faible avec une progression du PIB ne dépassant jamais 1%. Les fortes turbulences secouant l’ensemble de la zone euro, mêlant crises souveraines et crises bancaires, mettraient du temps à s’apaiser. Pour mémoire, l’économie nippone a eu besoin d’une décennie pour se remettre de la crise financière qu’elle a traversée au cours des années 90, et l’économie canadienne, environ dix ans pour réduire  son endettement. La France, comme beaucoup d’autres pays européens, est engagée dans un processus intensif de résorption de sa dette publique et de ses déficits publics: 5,2% du PIB en 2011, 3,5% en 2013 et équilibre en 2017 (1).

  • Les principaux déterminants de l’activité économique tourneraient au ralenti. Confrontées à des perspectives très incertaines et en l’absence de relance, les entreprises feraient preuve de prudence et limiteraient leurs dépenses d’investissement. Elles pâtiraient également de conditions de financement restreintes et de capacités d’autofinancement limitées. La FBCF2 pourrait ainsi connaître une progression étale entre 2014 et 2016. De son côté, la consommation des ménages, seul moteur de croissance actif pendant la récession de 2009, ne pourrait pas être un relais de croissance efficace. En outre, la dégradation du marché du travail affichant un taux de chômage de 10,3% en 20133, la réduction des revenus renforcée par l’inflation liée au renchérissement du prix de l’énergie, ainsi
    que la hausse de la pression fiscale inciteraient les ménages à alimenter leur épargne de précaution. Enfin, l’ensemble de l’Europe étant peu ou prou logé à la même enseigne, il semble difficile d’imaginer un coup de pouce salutaire du commerce extérieur.

  • Pour autant, la demande mondiale adressée à la France pourrait permettre de limiter le marasme européen et de regagner des parts de marché à l’international en profitant de l’affaiblissement de l’euro, s’il devait se poursuivre. Une reprise technique n’est pas non plus à exclure, initiée par une reconstitution des stocks. Mais cela ne constituerait que des épiphénomènes, qui ne seraient pas de nature à relancer une croissance économique tétanisée.

  • Une autre conséquence importante de cette croissance très ralentie et de la dégradation du marché du travail serait un durcissement de l’accès au premier emploi pour les jeunes diplômés et une aggravation du chômage pour les salariés les plus âgés. Cette aggravation serait particulièrement sensible sur le chômage de longue durée, d’autant que l’embauche des seniors ne serait pas un enjeu prioritaire pour les entreprises, dans un contexte défavorable et sans perspectives de rétablissement à court ou moyen terme. Le résultat final serait une baisse progressive de la part de cadres en emploi dans les départs à la retraite.

  • Dans ce scénario, l’estimation des recrutements de cadres pour 2012 est supérieure de 8% à la fourchette basse des prévisions recueillies fin 2011 auprès des entreprises (164 000 embauches). Toutefois, cette fourchette basse pourrait être atteinte en cas de récession sur l’ensemble de l’année 2012. Dans tous les cas, l’année 2012 représenterait un léger décrochage dans les recrutements. Aussi, ce scénario de croissance économique tétanisée se traduirait par la stagnation du volume des recrutements au moins jusqu’en 2016.

 

ÉVOLUTION DES RECRUTEMENTS DE CADRES SELON LE SCÉNARIO « CROISSANCE TÉTANISÉE »


Nombre de recrutements de cadres (Évolution du nombre de recrutements de cadres) :

 

  • 2011 : 181 300 (+10%)
  • 2012 : 176 300 (-3%)
  • 2013 : 179 000 (+2%)
  • 2014 : 179 000 (=)
  • 2015 : 178 400 (-0,3%)
  • 2016 : 177 200 (-1%)

 

Source : Apec, 2012

 

 

(1) OFCE, Perspectives 2012-2013
(2) Au niveau macro-économique, on parle de Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) qui se définit comme « la valeur des biens durables acquis par les unités de production pour être utilisés pendant au moins un an dans le processus de production ».
(3) Eurostat, mai 2012


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