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Enseignement supérieur : des jeunes plus diplômés mais plus exposés au chômage

Bien que plus diplômés que leurs prédécesseurs de la Génération 2004, ils sont plus souvent au chômage et leurs rémunérations sont un peu plus faible en moyenne.

Publié le 02 octobre 2014


369 000 jeunes sont sortis de l'enseignement supérieur en 2010. Interrogés au printemps 2013 dans le cadre des enquêtes Génération, ces jeunes n'échappent pas à la dégradation de la conjoncture.


Bien que plus diplômés que leurs prédécesseurs de la Génération 2004, ils sont plus souvent au chômage et leurs rémunérations sont un peu plus faible en moyenne. L'élévation de leur niveau de diplôme ne s'est donc traduite ni par une insertion professionnelle plus aisée ni par un gain de pouvoir d'achat. Trois ans après leur sortie de l'enseignement supérieur, 13% des jeunes actifs sont au chômage.



La généralisation du LMD a entraîné une élévation générale du niveau de diplôme et une modification de la structure des sorties. Par rapport à leurs prédécesseurs, les jeunes sortis en 2010 ont acquis des diplômes plus élevés dans l'enseignement supérieur mais cet investissement supplémentaire ne se traduit pas par une meilleure insertion et n'aboutit pas à de meilleurs salaires en 2013.


Ce constat s'applique à l'enseignement supérieur professionnel court, dans lequel le déplacement des sorties de bac+2 à bac+3 est très net. En effet, les effectifs de licenciés professionnels ont plus que doublé en six ans (+118%). En sens inverse, les titulaires de BTS/DUT sortent moins vers la vie active directement et poursuivent davantage leurs études, surtout dans les spécialités des sciences de l'ingénieur et de la gestion. La crise n'a épargné ni les uns ni les autres. Le taux de chômage a augmenté de 6 points pour les BTS/DUT et de 5 points pour les licences professionnelles.

L'enseignement supérieur long est concerné par le même phénomène. Le LMD a tiré vers le master 2 des étudiants qui s'arrêtaient autrefois en licence ou en maîtrise, mais ce glissement vers le haut ne s'est accompagné ni d'une meilleure insertion, ni de meilleurs salaires.

Les disparités observées sur le taux de chômage et les salaires restent liées au niveau de sortie mais aussi à la spécialité de formation et à la filière.

Parmi les diplômés de l'enseignement supérieur, les ingénieurs, les docteurs et les diplômés de bac+2/+3 en santé et social gardent des conditions d'insertion parmi les plus favorables. Ce sont les seuls à avoir été épargnés par la progression du chômage entre les enquêtes de 2007 et 2013.


Le positionnement des diplômés de master, qui s'est nettement détérioré, est certes moins bon que celui des diplômés des écoles d'ingénieurs, mais, dans les spécialités les mieux placées comme Droit, Economie ou Sciences de l'ingénieur, il est équivalent à celui des diplômés des écoles de commerce.

Sans surprise, les jeunes sortis sans diplôme de l'enseignement supérieur sont les plus en difficulté. En dépit des mesures mises en place pour prévenir le décrochage étudiant et favoriser la réussite en licence, la part des non-diplômés de l'enseignement supérieur reste supérieure à 20% et leurs conditions d'insertion sur le marché du travail se détériorent.

Le LMD a donc ses laissés pour compte. Ils sont toujours aussi nombreux et leur insertion est toujours aussi problématique. Le retour en formation peut constituer une réponse pour pallier les difficultés d'insertion... sous réserve de l'obtention d'un diplôme...

Pour en savoir plus :


Bref n°322 - Sortants du supérieur : la hausse du niveau de formation, n'empêche pas celle du chômage. Septembre 2014 - Auteur : Boris Ménard