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Le mois de Janvier, une période faste pour trouver un emploi ?

Interview de Philippe Deljurie, co-fondateur de Meteojob qui nous éclaire sur cette opportunité de décrocher un emploi

Publié le 14 janvier 2015
Le mois de Janvier, une période faste pour trouver un emploi ?

La Rédaction

En quoi la période de début d'année constitue-t-elle une opportunité pour décrocher un emploi ?

Philippe Deljurie

2 principales raisons :

  • le retour d'une période traditionnelle de congés (à l'instar du mois d'août), marque une période d'arrivée sur le marché de nombreux candidats, qui ne sont pas nécessairement sur le marché le reste de l'année : tous ceux qui ont attendu d'avoir leur prime de fin d'année pour bouger, ceux qui sont déçus de leur augmentation, ceux qui ont profité des fêtes pour réfléchir et prendre des résolutions...

  • le début de l'année « fiscale » pour bon nombre d'entreprises : nouveaux budgets, nouveaux objectifs, et donc mise en œuvre des actions pour atteindre ces objectifs, en particulier les recrutements.

La Rédaction

Ce phénomène est-il constaté pour tous les types de contrats (CDD, CDI, Intérim) ?

Philippe Deljurie

Essentiellement pour les CDD et CDI, l'intérim relevant d'une gestion différente (c'est plus un besoin récurrent, qui dépend du niveau d'activité)

La Rédaction

Ce constat s'applique-t-il de manière équivalente à tous les secteurs d'activité ?

Philippe Deljurie

De manière générale, oui. C'est moins le cas pour les activités très saisonnières pour lesquelles janvier ne correspond pas à un mois important en matière de recrutement : par exemple, pour le Tourisme, les saisonniers d'hier ont déjà été recrutés, et les saisonniers d'été seront recrutés plus tard.

La Rédaction

D'une manière générale, quels sont les secteurs susceptibles de recruter le plus en 2015 ?

Philippe Deljurie

Il faut faire la distinction entre les secteurs qui vont avoir la plus forte croissance en 2015, notamment en matière de recrutement, et ceux qui vont le plus recruter en volume. Par définition, ceux qui vont le plus recruter en volume sont déjà des secteurs qui emploient beaucoup de monde. On peut citer principalement : les services à la personne, l'énergie (le nucléaire, les énergies renouvelables...) ou le commerce/distribution. Les secteurs qui vont avoir la plus forte croissance sont, par exemple, le secteur des nouvelles technologies (édition logicielle), mais sur des volumes bien inférieurs.

La Rédaction

Quelles sont actuellement les compétences et qualités les plus recherchées ?

Philippe Deljurie

Sur les métiers qui ne nécessitent pas un fort niveau de qualification (par exemple dans les services à la personne), ce sont essentiellement des qualités humaines, relationnelles, qui sont demandées.

Sur les métiers qui nécessitent un fort niveau de qualification (par exemple pour les ingénieurs), en plus des aspects relationnels, les compétences techniques sont importantes. Une expertise est la bienvenue. Et la maîtrise, tant à l'écrit qu'à l'oral de l'anglais, voire d'une 3e langue, est quasiment devenue un prérequis.

La Rédaction

Des différences sont-elles observables pour les perspectives d'emploi, en fonction du niveau de qualification ?

Philippe Deljurie

Le constat est simple : le chômage des cadres est environ 2,5 fois inférieur au taux de chômage national (environ 4 % contre environ 10,5 %). Même si ces taux varient d'un secteur à l'autre, ils traduisent bien que les perspectives d'emploi sont plus favorables aux niveaux de qualification plus élevés : le diplôme protège encore de la crise, même si son effet protecteur s'estompe avec l'ancienneté...

La Rédaction

Quelle est votre vision de l'impact de la crise actuelle sur le marché de l'emploi, par rapport aux tendances observées les années précédentes ?

Philippe Deljurie

Si l'on prend comme point de départ de la crise et de ses conséquences sur l'emploi le début de l'année 2009, cela fait 6 ans de crise, en incluant 2014. C'est long, très long. Les conséquences sur le marché de l'emploi ne sont pas du tout les mêmes que lors d'une crise rapide. Les entreprises ont « appris à vivre avec la crise », elles se sont organisées pour fonctionner avec des effectifs réduits. Il y a eu beaucoup moins de création de postes, les entreprises se contentant de faire, au mieux, du remplacement. Seules les petites entreprises en croissance ont continué à recruter. Nous connaissons de nombreuses entreprises qui ont vu leur effectif tripler, voire plus, durant cette période. Mais ce sont des petites entreprises et cela ne compense pas les grands plans sociaux, surtout que les compétences recherchées ne sont pas les mêmes. D'où un taux de chômage qui s'est accru. Pour autant, l'impression que nous avons est que de nombreuses entreprises sont allées au bout du processus : elles ne peuvent plus faire baisser leurs effectifs, sauf à se mettre en danger. Ce fonctionnement en « sous-effectif chronique » a aussi pour conséquence d'accroitre la pression sur les personnes en poste. Je pense donc que si la croissance repart légèrement comme c'est prévu, nous pourrions assister en 2015 à un effet d'accélération des recrutements, un mouvement d'amplification.

La Rédaction

Avez-vous une estimation des différents types et nombres de postes susceptibles d'être créés en ce début d'année 2015, selon les secteurs d'activité ?

Philippe Deljurie

Avancer un nombre est une question délicate, et les organismes type Insee ou DARES sont peut-être mieux armés pour répondre à cette question. Mais les besoins dans les métiers des services à la personne, de la santé, de l'éducation, de l'ingénierie, de l'informatique, et, surtout de la vente (commercial itinérant ou sédentaire, vendeur en magasin, technico-commercial, télévendeur...) sont bien représentés.

La Rédaction

Avez des conseils pratiques à donner à nos jeunes diplômés, en quête de leur premier emploi ?

Philippe Deljurie

La démarche doit être professionnelle : un CV très clair, précis, sans fautes. Utiliser le réseau au maximum (amis, parents, anciens élèves, BDE, anciens maîtres de stage...), et bien définir les points sur lesquels vous êtes prêt(e)s ou pas, à faire des compromis. Utiliser les sites d'emploi, ils jouent le rôle de « tête chercheuse » pour le compte du candidat. Enfin, soigner sa visibilité sur le net (si les photos sur certains réseaux peuvent nuire à votre image, veiller à les supprimer ou à ne pas rendre le profil public).

La Rédaction

Et pour les jobs étudiants, qu'en est-il sur cette période ?

Philippe Deljurie

Certains jobs étudiants recrutent toute l'année (restauration rapide par exemple), le plus simple est d'essayer de passer par des étudiants déjà en poste pour savoir quelle est la bonne période et la bonne méthode.


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