Interview de Ioana.

Le premier janvier 2007, la Roumanie entrait dans l'Europe. Une bénédiction pour beaucoup de roumains. Iona, élève méritante d'origine roumaine nous fait part de son témoignage et de son soulagement.

Publié le 26 octobre 2008

Capcampus

Depuis combien de temps vis-tu en France et pourquoi avoir choisi ce pays pour venir étudier ?

Ioana

Je suis arrivée en 2003 et pour tout vous dire, ce n’était pas vraiment un choix. Ma mère s’y était installée en 2001 et m’a proposée de la rejoindre. Je n’ai pas hésité une seule seconde. Je voulais être avec elle et puis Paris est une ville qui fait tellement rêver les étrangers … Mais c’est quand même très différent de ce que j’avais imaginé. Pour moi, c’était la capitale des musées, des monuments. Je m’attendais à une ville féérique et j’ai atterri en banlieue parisienne. J’ai vite déchanté.

Capcampus

Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées en venant étudier en France ?

Ioana

Beaucoup de difficultés liées au système français et à la langue. A cause des problèmes linguistiques, j’ai pris un peu de retard dans mes études. Cela n’a pas rendu mon adaptation facile. S’intégrer, aller vers les gens, n’est déjà pas facile quand on parle la même langue, alors quand on ne partage même pas ce point commun, c’est encore plus compliqué.

Capcampus

En quelle classe es-tu et pourquoi t’être dirigée dans cette filière ?

Ioana

Je suis actuellement en terminale ES. J’ai choisi cette filière car le français, c’est la catastrophe à l’écrit. Et les maths, ce n’est pas beaucoup mieux. Je me sentais plus à l’aise avec les sciences économiques et sociales.

Capcampus

La langue est-elle encore un obstacle à tes études ?

Ioana

Oui, ça l’est encore. J’ai fait beaucoup de progrès en 4 ans, mais il me manque pas mal de vocabulaire.

Capcampus

Comment vis-tu l’entrée de la Roumanie dans l’Europe ?

Ioana

Je me sens ENFIN libre ! Quand j’ai débarqué en France pour rejoindre ma mère, j’étais sans papier et mineure. J’ai vécu dans la peur d’être expulsée pendant un an et demi ! Le cœur qui bat quand je croisais des policiers, surtout lorsqu’ils contrôlaient des jeunes du quartier devant mes yeux.

Capcampus

Qu’est-ce-que cela va changer pour toi et pour ton pays d’origine ?

Ioana

La Roumanie va se développer au niveau économique. Pour l’instant, il y a des écarts mais avec l’Europe, ça va s’améliorer.

Capcampus

As-tu encore des attaches en Roumanie ? Famille ? Amis ?

Ioana

Tout le reste de ma famille. Je vais enfin pouvoir les revoir cette année.

Capcampus

Comment se passe la vie d’une étudiante en Roumanie ? Quelles sont les différences avec la vie d’une étudiante en France ?

Ioana

Concernant les libertés, la mentalité des parents, c’est pareil qu’en France. Et l’organisation entre les filières professionnelles et générales, c’est aussi le même système qu’ici. Mais sinon, le quotidien est un peu différent. Il n’y a pas de surveillants. Le proviseur et les professeurs s’occupent de tout. Au niveau du baccalauréat, ça diverge aussi. En Roumanie, on le passe en 4 ans et il n’y a pas trois bacs généraux. On passe ce qu’on appelle « des qualifications » (ex : l’épreuve d’informatique. C’est la plus importante. Elle est destinée aux plus brillants.)

Capcampus

Vers quel cursus comptes-tu t’orienter après ton bac ?

Ioana

J’aimerais étudier les Relations Internationales, idéalement au centre Tolbiac à Paris. Ce qui m’intéresse tout particulièrement dans ce cursus, c’est l’ouverture sur les autres pays et aussi les langues. Sinon, je suis aussi tentée de m’orienter dans le domaine de la Défense pour défendre les intérêts de la France. Le seul souci, c’est que la carte d’identité française est requise et que je n’ai pas encore de papier.

Capcampus

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant roumain qui souhaiterait venir étudier en France ?

Ioana

Il faut avoir des nerfs d’acier et une volonté de s’en sortir importante. Et pour mieux s’intégrer, il ne faut surtout pas rester dans son coin.

Capcampus

Quel est ton meilleur souvenir de ta scolarité en France ?

Ioana

L’année 2006-2007 a marqué un tournant important. Je commence enfin à venir à bout de mes problèmes d’expulsion, et d’intégration. Je peux enfin profiter de la vie et penser à la suite.

Capcampus

et le pire ?

Ioana

La première année fut une période difficile… Entre l’adaptation et concilier les problèmes d’ados avec ma mère qui me mettait une pression supplémentaire pour que je réussisse, c’était très lourd à porter.

Capcampus

Quelles sont tes projets/résolutions pour 2007 ?

Ioana

Un seul objectif, avoir mon bac !

Capcampus

Un dernier mot pour nos lecteurs (surtout les lecteurs étrangers)…

Ioana

Ne pas se focaliser sur les difficultés quelles qu’elles soient. Il faut se battre et toujours voir plus loin.


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