L'Académie de Pharmacie s'interroge si la PACES risque d'hypothéquer l'avenir de la profession?

Une pédagogie et des objectifs à revoir? L'Académie fait des propositions concrètes

Publié le 20 septembre 2012
L'Académie de Pharmacie s'interroge si la PACES risque d'hypothéquer l'avenir de la profession?

Considérant la profonde évolution des métiers de Santé induite par la Loi HPST promulguée le 21 juillet 2009 ;

Considérant le niveau de compétences exigé du pharmacien pour le bon exercice de ses missions de Santé publique ainsi que la nécessité de perfectionner ses connaissances au cours de son exercice professionnel ;

Considérant l’élargissement du champ de la pédagogie universitaire (enseigner et apprendre en profondeur, pédagogie et nouvelles technologies, construire globalement un dispositif de formation), la collaboration souhaitée   entre enseignants, professionnels et institutions représentatives dans la définition, l’adaptation et l’amélioration des programmes d’enseignement tant initial que continu ;

Considérant l’historique des travaux et réflexions de l’Académie nationale de Pharmacie à propos de la mise en route de la PACES (voir annexe) ;

Considérant que la mise en place de la PACES constitue la 1ère étape d’une plus ample réforme visant à adapter le système LMD aux études de Pharmacie et de Santé, pour se conformer aux accords européens suite à la déclaration de Bologne du 19 juin 1999 ;

 

Considérant que l’Académie nationale de Pharmacie est attachée aux principes suivants :

  • favoriser dans l’intérêt du patient une bonne coopération des professionnels de Santé, construite dès la formation étudiante par une approche commune des sciences de la santé et des sciences humaines,
  • faciliter les passerelles entre les différentes formations et proposer une éventuelle réorientation de l’étudiant à la fin du premier ou du second semestre,
  • faire bénéficier les étudiants de crédits d’enseignement liés au Plan Réussite en Licence,
  • favoriser la mutualisation des moyens,

 

Considérant, depuis la mise en place de la PACES en septembre 2010, que des résultats hétérogènes d’une Université à l’autre et qu’un certain nombre de dysfonctionnements ont été constatés et que, par ailleurs, la poursuite de la PACES en l’état est destructrice sur le plan pédagogique et ne répond pas à ses objectifs.

 

L’Académie nationale de Pharmacie recommande :

- effectuer, après les deux années de PACES, une analyse structurée des résultats réels de la réforme de la première année commune des études de santé. Cette analyse doit permettre d’identifier les résultats qualitatifs et quantitatifs obtenus dans chacune des universités concernées par cette réforme et de proposer des modifications fondées sur une analyse des résultats obtenus ;

-définir, en fonction du bilan ci-dessus et au regard des objectifs fixés pour chaque profession de santé, et mettre en place :

-soit, de préférence, une pré-sélection à l’entrée de la première année des études de Santé dans l’intérêt des étudiants, et pour être en cohérence avec le LMD, à organiser à l’issue du baccalauréat avec prise en compte du dossier et évaluation des acquis indispensables pour l’entrée dans la filière ;

-soit un concours spécifique en fin de 1ère année pour chacun des cursus des études de santé (médecine, pharmacie, odontostomatologie et maïeutique) en définissant un programme d’Unités d’Enseignement spécifiques et renforcées en volume horaire pour que chaque filière soit mieux identifiée ;

- rétablir une formation de base solide dans les sciences fondamentales, notamment pour les futurs pharmaciens ;

 

- rétablir une pédagogie cohérente, notamment :

  • en équilibrant les enseignements de la première année des études de Santé entre les semaines d’enseignement du premier et du second semestre pour les cours magistraux et les enseignements dirigés,
  • en maintenant un socle en sciences fondamentales tout en respectant un équilibre entre les disciplines scientifiques, l’enseignement professionnel et les sciences humaines,
  • en réduisant le nombre d’intervenants pour une même Unité d’Enseignement par respect de la cohérence pédagogique,
  • en restructurant les Enseignements Dirigés  en diminuant les effectifs étudiants par groupe et en privilégiant l’apprentissage en profondeur en s’aidant éventuellement des Technologies de l’Information et de la Communication en Enseignement,
  • en confirmant la démarche de Tutorat jugée globalement très positive,     
  • en améliorant la coordination pédagogique de l’ensemble des enseignements.

 

- évaluer en continu la première année des études de Santé, notamment sur le plan pédagogique et sur la qualité du recrutement pour les professions de Santé, pour une réactivité en retour : apporter toute correction ou amélioration et contribuer aussi à une meilleure information des collégiens et lycéens.

- former et recruter les futurs enseignants-chercheurs responsables de la formation notamment des pharmaciens.

- impliquer et intégrer des professionnels de Santé dans la formation pour chacune des filières et notamment pour la Pharmacie.

- renforcer la communication et l’information

  • auprès des jeunes collégiens et lycéens : proposer des informations de qualité dans le cadre des journées portes ouvertes à l’Université, renforcer l’information en partenariat avec les Rectorats, promouvoir des journées d’orientation (ex : ONISEP, film Ordre des pharmaciens, etc.),
  • vers les étudiants en première année des études de Santé dès l’accueil à l’Université : sessions d’informations claires et adaptées, distribution de documents, projection de films, création au plan national d’un site dédié à la première année et aux études de Santé, etc.

 

 

A propos de l'académie de Pharmacie:

L’Académie nationale de Pharmacie est l’héritière directe de la « Société de Pharmacie de Paris », fondée le 15 thermidor an XI (3 août 1803). Reconnue d’utilité publique en 1877, elle fut élevée au rang et titre d’Académie en 1946, puis d’Académie nationale en 1979.

L’Académie est une Institution à vocation scientifique et orientation professionnelle, qui représente une autorité morale totalement indépendante des pouvoirs publics comme de tous intérêts privés et représentative des valeurs de la profession toute entière. Composée de scientifiques et de professionnels élus par leurs pairs, en majorité mais non exclusivement pharmaceutiques, elle constitue un lieu d’échange et de concertation, une compétence collégiale et une force de proposition. Elle s’attache à étudier tous les sujets relatifs aux domaines de compétence des pharmaciens, que ce soit dans le bon usage et l’innovation dans le domaine du médicament et des produits de santé, ou bien dans celui de la biologie, de la santé publique y compris santé et environnement. Elle
veille à ce que la Pharmacie remplisse toujours mieux la mission de santé publique que la Société lui a confiée.

Elle est aussi dans son rôle quand elle accompagne voire anticipe les nouvelle exigences de la société et les mutations professionnelles inhérentes à leur évolution

 


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