Plan campus : les inégalités se creusent entre les universités

L'UNEF dénonce les inégalités du Plan Campus

Publié le 16 juillet 2008
Plan campus : les inégalités se creusent entre les universités

Valérie Pécresse a annoncé vendredi 11 juillet mai les derniers projets retenus dans le cadre du plan campus (Aubervilliers, Saclay et Aix-Marseille), portant pour l'instant à 9 le nombre de projets immobiliers universitaires financés par cette opération.

Les trois derniers projets retenus amplifient les tendances constatées au 1er tour

S'il est positif que l'Ile de France (qui regroupe près de 27% des étudiants) bénéficie enfin de financements, force est de constater que par ses choix le gouvernement accentue un peu plus les inégalités entre établissements en poursuivant la concentration des moyens sur des grands pôles universitaires régionaux (tous les projets retenus sont localisés dans l'une des 15 premières villes de France) au détriment des universités de villes moyennes dont aucune ne bénéficiera de crédits du plan campus. Le fait qu'aucune ville moyenne n'ait finalement été retenue lors du 2nd tour va contribuer à reléguer durablement au second plan les « petites » universités qui jouent pourtant un rôle essentiel dans la démocratisation de l'enseignement supérieur en permettant à des étudiants trop éloignés d'une grande métropole régionale de poursuivre des études.

L'UNEF regrette que cette séance de rattrapage n'est pas permis d'inverser la tendance constatée lors de la sélection des premiers projets. Outre l'absence de ville moyenne, au sein des projets retenus, les universités de lettres et sciences humaines sont marginalisées (Saclay) et la vie étudiante n'est que rarement une priorité. Au final, le plan campus n'a pas été la réponse attendue aux besoins de rénovation des universités, mais plutôt une prime à des regroupements universitaires sans réflexion sur leur cohérence et leurs conséquences. L'état dégradé des universités a servi de prétexte à une restructuration de la carte universitaire. La volonté du gouvernement, confirmée par les choix d'aujourd'hui, est claire : faire émerger une dizaine de pôles universitaires « vitrines internationales » (sic) masquant la réalité dégradée de la majorité du immobilier universitaire patrimoine (30% est jugé « fortement dégradé ») et tournant le dos à l'objectif de démocratisation de l'enseignement supérieur.

L'UNEF demande des garanties concernant les laissés pour compte

46 dossiers ont été déposés dans le cadre du plan campus (représentant la quasi-totalité des établissements), démontrant, s'il en était besoin, que c'est d'un plan d'ensemble de rénovation et non d'une opération ciblée dont les universités ont besoin.

Au final, il est choquant de constater que les établissements « recalés » du plan campus ne sont pas ceux qui ont le moins besoin de rénovation ! Que va répondre Valérie Pécresse aux étudiants qui, à la rentrée prochaine, continueront de travailler dans des conditions déplorables parceque le gouvernement n'a pas retenu leur université dans le cadre du plan campus?

En donnant aujourd'hui une « mention » à certains « campus innovants » et « campus prometteurs », sans jamais préciser ce que permettait une telle distinction, Valérie Pécresse reconnaît elle-même que la sélection de 10 projets n'est pas suffisante pour répondre à l'urgence immobilière de l'ensemble des universités. Cependant la ministre ne prend aucun engagement concret pour répondre à cette situation. L'UNEF lui demande de joindre les actes à la parole : les universités « laissées pour compte » n'ont pas besoin d'un lot de consolation, mais d'une réponse claire et financée à leurs difficultés immobilières.

Il est désormais urgent de répondre aux attentes légitimes des « laissés pour compte ». L'UNEF demande donc à la ministre de réserver 30% de l'enveloppe globale (soit 1,5 milliard) aux opérations de rénovation urgente venant s'ajouter aux 10 projets de l'opération campus.

Dans l'immédiat, cet effort doit permettre une réhabilitation d'urgence des bâtiments ayant reçus un avis négatif de la commission hygiène et sécurité. Au-delà, c'est à la totalité des situations d'urgence immobilière qu'il faut répondre par le biais d'un plan pluriannuel qui permette de rénover l'ensemble des universités, sur tout le territoire, de façon durable.

Enfin, contrairement aux annonces, le gouvernement ne dispose aujourd'hui que de 3,7 milliards d'euros issus de la vente d'actions d'EDF. Interrogée à ce sujet, la Ministre a reconnue qu'elle ne savait pas encore où seraient prélevés les 1,3 milliards restants. L'UNEF exige que les engagements financiers soient tenus.

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