"Le vélo" - Marseille : La petite reine au pays de l'automobile

Dans une ville vouée à l'automobile, le «Vélo» urbain a débarqué samedi 13 octobre. Entre prise de conscience et effet de mode écolo, les nouveaux cyclistes marseillais devront trouver leur place.

Publié le 22 octobre 2007
Le vélo - Marseille : La petite reine au pays de l'automobile
A l'entrée du parc Borély, ses voitures à pédales font le régal des enfants. Guy Perez, cheveux poivre-sel, est l'un des rares loueurs de bicyclettes de Marseille. L'ancien vendeur de cycles en connaît un rayon : “Je loue des VTT aux touristes, belges ou parisiens. Mais Marseille n'est pas une ville pour ça. Ça monte et ça descend sans cesse, et la circulation ne facilite rien”.

Un scepticisme qui n'est pas partagé par Marseille Provence Méditérranée (MPM). Christine Laviolette, chargée de mission, voix grave, estime que ce lancement est un événement : “Le Vélo devait être lancé début juillet. Mais nous avions peur que l'inauguration du tramway ne cannibalise sa sortie. D'où le report à octobre” . La cité phocéenne va enfin lancer sa petite reine. Après Lyon et Paris. Aix-en-Provence, la vieille rivale régionale, a même 200 “V'Hellos” depuis mai. La communauté urbaine a donc passé le grand braquet, avec campagne d'affichage et stand à la Foire de Marseille. Dès samedi, 80 stations et 750 “vélos” seront disponibles. A terme, le contingent de deux-roues atteindra le millier. Soit un guidon pour 800 habitants. Comme dans la capitale, l'agence de pub J.C. Decaux gérera les locations. La première demi-heure sera gratuite, l'heure supplémentaire de cinquante centimes à un euro. Plus de pistes cyclables L'engin affiche vingt kilos, et dispose de trois vitesses. Pas de quoi monter à Notre-Dame de la Garde en danseuse.

Sur le Prado, Nadine, en pantalons larges, admire la bête de course, avant d'aller au travail : “J'en ai l'habitude dans les autres pays. Peut-être que s'il y a plus de cyclistes en ville, les automobilistes feront davantage attention.” Des associations déplorent depuis longtemps la faible place faite aux deux-roues. Béatrice Kriger, de “Vélo en Ville” réclame “plus de garages à bicylettes et de pistes cyclables. La ville en compte seulement une centaine de kilomètres, contre près de 300 à Lyon.” La communauté urbaine se veut volontaire. Objectif : dissuader les citadins de prendre leur voiture. “Nous tablons sur une baisse de 20 % sur cinq ans, pour les déplacements en véhicules particuliers” confirme Christine Laviolette.

La ville de Marseille, dont le maire, Jean-Claude Gaudin, est président de MPM, inaugure donc une nouvelle politique de transports. Le nouveau tramway avait été une première étape. Avec un certain succès. “Plus d'un million de voyageurs sur la période juillet-août” se félicitait récemment dans la presse, Renaud Muselier, adjoint aux transports. Le “Vélo”, avec un nombre réduit de véhicules, et des quartiers peu desservis, sera t-il une réussite ? Sous les tilleuls de Borély, Guy Perez ne craint même pas la concurrence : “Je n'ai plus envie de louer de VTT. La clientèle familiale qui prend une voiturette à la journée, ça me convient très bien.”

A.P & S.P

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