Souveraineté européenne en IA : Epitech alerte sur le manque de talents

principal frein à l’innovation et à l’adoption de l’intelligence artificielle en Europe.

Publié le 02 avril 2026

POINTS CLÉS

  • Un déficit de talents critique : 77 % des entreprises européennes identifient le manque de compétences comme un frein majeur à leurs projets IA
  • Une dépendance technologique forte : 70 % du cloud européen est contrôlé par des acteurs non européens
  • Un retard d’investissement : les start-ups IA européennes lèvent 7 fois moins de fonds que leurs homologues américaines
  • Une adoption encore limitée : seulement 18 % des entreprises françaises utilisent l’IA, contre 42 % au Danemark
  • La formation comme levier stratégique : pour Epitech, la souveraineté numérique passe avant tout par une transformation des modèles éducatifs

Le débat sur la souveraineté numérique européenne se focalise souvent sur les infrastructures, les investissements ou encore la régulation. Pourtant, un autre facteur, plus structurel, freine aujourd'hui le développement de l'intelligence artificielle en Europe : les compétences humaines.

C'est le constat dressé par Epitech, à l'occasion de la publication du Baromètre européen de l'IA réalisé avec EY Fabernovel et la Journées de la French Tech.


Une Europe encore dépendante des acteurs étrangers

Les chiffres du baromètre révèlent une dépendance technologique préoccupante pour l'Europe :

  • 70 % du cloud européen est contrôlé par des acteurs extra-européens
  • L'Union européenne ne représente que 5 % des performances mondiales en clusters GPU, contre 75 % pour les États-Unis
  • Les investissements dans les start-ups IA sont 7 fois inférieurs à ceux observés outre-Atlantique
  • 77 % des entreprises européennes identifient le manque de talents comme un frein majeur

À cela s'ajoute une adoption encore limitée de l'IA. En France, seules 18 % des entreprises utilisent ces technologies, contre 42 % au Danemark.


Le véritable frein : un déficit de compétences

Au-delà des enjeux financiers ou techniques, le baromètre met en lumière un problème central : la capacité à former des profils qualifiés.

Pour Epitech, la souveraineté numérique ne pourra pas se construire sans une transformation profonde des modèles éducatifs. L'enjeu dépasse désormais la simple maîtrise du code.

Il s'agit de former des professionnels capables de :

  • concevoir des systèmes intégrant l'IA
  • piloter des environnements technologiques complexes
  • sécuriser des architectures numériques

Former à l'autonomie à l'ère de l'IA

Depuis sa création, Epitech défend une pédagogie basée sur l'apprentissage par projet. Un modèle qui prend aujourd'hui une dimension stratégique face à l'essor des intelligences artificielles génératives.

« La souveraineté numérique ne se décrète pas : elle commence dans la pédagogie et se construit par la formation », souligne Laura Hassan.

Selon elle, l'objectif est clair : former des profils capables de comprendre et de maîtriser les technologies, plutôt que de les subir.

Cette approche vise notamment à développer :

  • l'autonomie des apprenants
  • leur capacité d'adaptation
  • une vision globale des systèmes numériques

Un enjeu stratégique pour l'écosystème européen

Face à l'accélération des technologies d'intelligence artificielle, la formation apparaît comme un levier clé pour renforcer la souveraineté européenne.

Les établissements d'enseignement supérieur spécialisés jouent ainsi un rôle structurant dans la création d'un écosystème technologique :

  • plus autonome
  • plus résilient
  • et plus compétitif à l'échelle mondiale

Dans ce contexte, la bataille de l'intelligence artificielle ne se jouera pas uniquement sur les investissements ou les infrastructures, mais bien sur la capacité de l'Europe à former les talents de demain.