Elodie RAMA : Strange Island

Dans les bacs le 14 Octobre 2013

Publié le 20 septembre 2013

Le parcours d’Elodie Rama raconte l’histoire de rencontres musicales décisives : avec la formation jazz Blue Apple Quartet, hommage aux étoiles de l’âge d’or du jazz vocal, et celle avec 20Syl et le groupe Hocus Pocus. Suivront des collaborations sur leurs deux derniers disques : Place 54 (Motown Universal), certifié disque d’or, et 16 pièces (Mercury Universal). Avec eux elle foulera les prestigieuses scènes de l’Olympia, de la Cigale, ou encore du Zénith de Paris pour ne citer qu’elles. Plus tard, sa collaboration avec le producteur londonien Natural Self, signé sur le mythique label britannique Tru Thoughts (Quantic Soul Orchestra, Alice Russell, Omar), lui fera franchir la Manche à la conquête de l’electronica UK et lui apportera la conviction que sa propre histoire reste à dessiner. Sa rencontre avec le musicien multi-instrumentiste David ‘Dtwice’ Darricarrère (Smooth, Dtwice), arrangeur de son premier EP Strange Island dont la sortie est prévue le 14 Octobre prochain, n’est que le préambule d’une histoire aux chapitres prometteurs…

 

Chanteuse avant tout, mais aussi plasticienne et styliste de mode, Elodie Rama est une artiste plurielle. Née à Nantes et originaire des Antilles par son père, lui aussi musicien, le chemin d’Elodie Rama est une somme d’histoires : celles que l’on imagine, celles que l’on raconte, pointant les hasards de l’Histoire avec un grand H. Être une « Sang mêlée » née à Nantes, point de départ du commerce triangulaire, et descendante de la diaspora africaine sont autant de pieds de nez à l’Histoire. Curieux hasard de la langue, Rama, désigne la branche en espagnol, cette branche qui a besoin des racines de l’arbre pour croître et s’élancer vers le ciel. Ce sont bien dans les identités multiples d’Elodie Rama que se trouve la genèse de l’aventure discographique qu’est Strange Island.

 

Dévoreuse inconditionnelle de musique(s), ses références n’ont pas de frontières. Ici et là le souffle d’Arthur H, la présence énigmatique de Billie Holiday, l’énergie percussive du bélè d’Eugène Mona (dont elle se découvrira parente lors d’un premier voyage en Martinique) et la singularité des Éthiopiques de Mulatu Astatke embrassent la sensualité d’une Erykah Badu en un tableau kaléidoscopique aux couleurs éclatantes… La musique d’Elodie Rama reflète un entre-deux, un « clair-obscur » comme elle aime à le rappeler,  revendiquant une musique hybride et hors format(s). Jazz, Folk, Soul, Electronica et musiques caribéennes se tissent et se réinventent en une géographie musicale nouvelle, la sienne.

 

La Rencontre, véritable fil rouge de « Strange Island », vibre dans ses textes et ses compositions. La rencontre avec le Monde, la rencontre avec l’Autre et la rencontre avec sa propre histoire. Entre rêve de villes (City of Hope), amours insulaires (Presqu’il), passions éphémères (Clair-Obscur) et voyages imaginaires, Rama dessine son propre monde aux contours mouvants. L’Anglais et le Français racontent son identité mêlée, avec en filigrane, les références poétiques à des écrivains qui lui sont chers Edouard Glissant, Aimé Césaire ou encore Le Clézio.

 

Oser la rencontre, avide de renouveau, et toujours curieux des altérités et poser son regard sur le Village Global dans lequel nous vivons, ensemble. Les cartes géographiques des îles imaginaires qu’elle fabrique en tant que plasticienne sont, elles aussi, une réponse à cette même question : qu’est-ce qui nous lie, qu’est-ce qui nous unit ?

Strange Island, île étrange et à fois mystérieuse, en est la géographie nouvelle, et le vibrant témoignage. Hybride, généreux, exigeant.


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