Donner ses organes après la mort ? Chacun est libre de son choix.

L'important c'est de le dire à sa famille.

Publié le 22 juin 2007
Donner ses organes après la mort ? Chacun est libre de son choix.

Le 22 juin 2007 a lieu la 7ème journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe.
L’occasion idéale pour clarifier ses idées sur ce sujet et en parler avec son entourage, sa famille surtout. Parce qu’en cas de mort brutale, c’est aux proches que l’on demande si le défunt était opposé au don de ses organes.

Avoir besoin d’une greffe d’organes, témoigner pour un proche décédé : ces situations peuvent tous nous concerner. Il n’est jamais trop tôt pour y réfléchir, dès lors qu’on a les informations suffisantes pour comprendre. C’est pourquoi l’Agence de la biomédecine souhaite cette année mettre à profit la Journée nationale pour interpeller les 16-25 ans avec un dispositif spécifique.

Pourquoi réfléchir au don d’organes ?

Parce qu’aujourd’hui, la greffe d’organes est une technique médicale courante mais irremplaçable, qui change chaque jour des vies. Pour certains patients, la greffe est même une question de vie ou de mort. Or on manque d’organes à greffer : en 2006, 12 450 malades ont eu besoin d’une greffe mais seulement 4 428 greffes ont été réalisées. 239 personnes sont mortes faute de greffe.

Parce que chacun est libre de décider s’il veut ou non donner ses organes en cas de décès brutal. Si l’on est contre le prélèvement de ses organes, on peut s’inscrire sur le registre national des refus dès 13 ans. Et que l’on soit pour ou contre, on doit faire connaître son choix à sa famille pour qu’elle respecte notre volonté.
D’où l’importance de prendre un peu de temps pour se documenter, questionner son entourage et faire le point.
Parce que le développement de la greffe d’organes est devenu un enjeu de santé publique important et de plus en plus présent dans les médias. Il est donc important d’aider les jeunes, interpellés par ce sujet, à bien le comprendre et se l’approprier. Selon la loi de bioéthique d’août 2004, les médecins généralistes sont tenus de s’assurer des connaissances de leurs jeunes patients sur le don d’organes à des fins de greffe, de répondre à leurs questions ou de les orienter vers des informations fiables.

Pourquoi en parler à sa famille ?
94 % des organes viennent de personnes qui décèdent de mort encéphalique (le cerveau s’arrête de fonctionner brutalement, suite à un traumatisme crânien par exemple) dans un service de réanimation hospitalier. Pour connaître la volonté du défunt sur le don d’organes, les médecins interrogent sa famille. Si cette volonté est connue, la famille peut en témoigner sereinement auprès de l’équipe de coordination du prélèvement, qui poursuit ou stoppe alors immédiatement les soins prodigués au défunt et destinés à préserver ses organes.

Si le défunt n’avait jamais abordé cette question, sa famille se retrouve dans une situation difficile. Que répondre aux médecins, alors que le temps est compté (le prélèvement et la greffe d’organes se jouent en quelques heures). Comment être sûr de bien respecter la volonté du défunt ? Dans ce contexte, il n’est pas rare que la famille s’oppose au prélèvement d’organes. Si la personne décédée était favorable au don, c’est plusieurs greffes perdues.

« Prendre une position sur le don de mes organes et la dire, c’est deux incertitudes en moins : ma famille saura quoi répondre aux médecins si je meure brutalement, et je suis sûr que mon souhait sera respecté. »


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