Les générations se suivent et se ressemblent… Après la seconde guerre mondiale, on dansait le rock’n’roll dans des clubs à la mode, puis vint le twist dans les années 1960 et ainsi de suite. Peu importe l’époque, la nouveauté crée toujours une rupture avec les habitudes des aînés, entraînant inlassablement critiques et désapprobation, avant de finalement rentrer dans les mœurs - tôt ou tard.
Nous ne sommes plus en Amérique, mais en France et un peu partout en Europe, et le rock’n’roll des clubs branchés des années 50 s’est mué en une danse née en belgique puis au
début du 3ème millénaire dans les soirées branchées du club parisien Métropolis. Une danse qui frappe par son dynamisme, qui exacerbe les codes « technos » déjà existant : c’est la Tecktonik. Sous l’apparente cascade de mouvement dégingandés qui inondent les pistes de danses, rien n’est toutefois laissé au hasard. Du style vestimentaire, en passant par la coupe de cheveux - à tendance il est vrai androgyne – sans oublier les playlists des DJ’s à la mode, tout n’est qu’ordre est minutie. Chalouper sa démarche, se maquiller d’une étoile noire autour de l’œil à la mode de l’ancestral groupe de hard rock « Kiss », porter des vêtements rayés et exécuter ses mouvements dans un ordre mille fois répété devant le miroir de sa salle de bains… C’est plus qu’une danse, c’est un rituel !
Il est à ce titre inévitable de comparer la Tecktonik au mouvement hip-hop, qui a su s’imposer, dans d’autres lieux et d’autres conditions, dans les années 1980-90’. Quand la danse sort des lieux qui lui sont réservés, des salons d’hier ou des clubs d’aujourd’hui, quand le monde qui entoure la jeunesse se mue en piste de danse improvisée, quand le seul langage qui rassemble est une succession de mouvements excentriques, peu importe le style, le maquillage ou les regards désapprobateurs : du rock’n’roll à la Tecktonik en passant par le smurf, chaque génération marque l’époque de sa griffe : 2007 sera Tecktonik, ou ne sera pas ! A.P