Pourquoi ne choisit-on pas ce qui nous rend heureux?


Une étude menée par deux chercheurs de l'Université de Chicago Graduate School of Business nous éclairent sur le sujet.
Pourquoi ne choisit-on pas ce qui nous rend heureux?

Juin 2007. Les théories économiques classiques soutiennent souvent que les êtres humains sont capables de choisir ce qui est le mieux pour eux. Selon Christopher Hsee et Reid Hastie, professeurs de Sciences du comportement et de Marketing à l'Université de Chicago Graduate School of Business (Chicago GSB), cette hypothèse a ses failles.



Dans une étude publiée récemment et intitulée « Décisions et expérience : pourquoi ne choisit-on pas ce qui nous rend heureux ? » (Decision and experience: why don't we choose what makes us happy ?), les deux chercheurs démontrent que lorsqu'elles se retrouvent face à une multitude de choix, la majorité des personnes prennent les mauvaises décisions. Selon eux, cela est du en partie à leur incapacité à prévoir les choses et à se tenir à leurs choix.


Pourquoi fait-on les mauvais choix ?


Les professeurs Hsee et Hastie soulignent 5 principaux facteurs (impact, projection, distinction, mémoire et croyance) qui selon eux nous empêchent de prendre les bonnes décisions. Par exemple, le facteur « projection » serait conditionné par l'état d'esprit dans lequel se trouvent les personnes au moment de prévoir quelque chose et au moment d'agir.
Ce facteur peut nous amener à prendre des décisions que l'on peut regretter plus tard, comme faire des courses avec l'estomac vide et revenir chez soi avec beaucoup plus de nourriture que nécessaire.


Autre exemple pour démontrer les effets du facteur « croyance », les auteurs décrivent une situation où les salariés d'une entreprise se voient offrir un voyage à Paris dont ils sont ravis. Si on leur offre un voyage à Hawaï, ils sont également contents.
Mais si on leur laisse le choix entre les deux destinations, les personnes semblent dans l'ensemble moins heureuses parce qu’elles ont tendance à s'arrêter sur les points négatifs de chacune des options (« Paris n'a pas la mer » alors que « Hawaï n'a pas de beaux musées »).


Pourquoi ne suit-on pas nos propres choix ?


Selon les deux professeurs, il ne suffit pas de bien prévoir les choses encore faut-il se tenir à ses décisions.
D'après l'étude, au lieu d'agir suivant ce qu'elles pensent pourraient leur apporter une satisfaction optimale, la plupart des personnes sondées ont tendance à opter pour le choix avec le plus d'intérêt immédiat (impulsivité), qu'elles peuvent justifier facilement (rejet du rationalisme), ou qui leur apportera la plus grande satisfaction, comme l'argent par exemple (optimisation des moyens).


Pour illustrer le « rejet du rationalisme », les auteurs décrivent une situation où il a été demandé aux sondés de choisir entre deux chocolats, un petit de 50 centimes en forme de coeur et un plus grand de 2 dollars en forme de cafard.
La majorité des participants ont choisi le chocolat en forme de cafard alors qu'ils avaient envisagé un peu plus tôt de choisir le coeur.


Quand les décisions n'arrivent pas à nous rendre heureux


L'incapacité de se projeter dans le futur et l'impulsivité des personnes peuvent les conduire à faire des choix qui ne leur procurent pas la plus grande satisfaction. Cela peut avoir de réelles conséquences lors de la mise en place de politiques sociales par exemple. Prenons le cas du choix des services de santé ou des plans de retraite.
Tous deux sont fondés sur l'hypothèse que les personnes savent ce dont elles ont besoin et qu'elles choisissent donc dans leur meilleur intérêt. Les professeurs Hsee et Hastie n'en sont pas si sûrs.

En savoir plus Publié le 05 juin 2007

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